On les a longtemps surnommés « Les Invisibles ». Ils tendent à l’être de moins en moins. Eux, ce sont les 11 millions de proches aidants d’une personne en perte d’autonomie. Plus de 4,5 millions d’entre eux accompagnent une personne âgée dépendante. L’actualité de ces dernières semaines montre que la reconnaissance des proches aidants avance pas à pas. Une reconnaissance de leur rôle essentiel aux côtés des professionnels du grand âge et du handicap mais également de leurs besoins d’être aidés, soutenus, soulagés, relayés.
La parution d’une récente loi sur la reconnaissance des proches aidants prévoit d'intégrer dans la négociation collective des branches professionnelles des mesures destinées à faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés proches aidants.
La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé qu’une série de mesures pour les proches aidants serait en réflexion cet été afin d’entrer en vigueur dès 2020. L’indemnisation du congé du proche aidant devrait être au programme. Depuis le 10 mai et jusqu’à fin 2021, des expérimentations de deux nouveaux dispositifs de répit pour les proches aidants sont lancées : le relayage et les séjours de répit aidant-aidé.
Les proches aidants sortent peu à peu de l’oubli. Pour les professionnels de l’aide à domicile, ces conjoints, enfants, frères et sœurs, amis, voisins des personnes en perte d’autonomie sont considérés, depuis longtemps, comme de précieux partenaires.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

17 août 2018
Vie sociale

Partager votre logement avec un étudiant

Partager votre logement avec un étudiant

La cohabitation entre une personne âgée et un étudiant, appelée colocation intergénérationnelle, est une formule en plein développement. Elle permet de rompre l’isolement des personnes âgées, de leur apporter un supplément de revenu et de proposer à des jeunes une solution pour se loger à moindre coût.

 

Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Rennes… Dans les villes étudiantes, le logement intergénérationnel gagne du terrain. L’idée repose sur un principe simple : loger des étudiants chez des personnes âgées disposant d’une chambre libre à leur domicile.
Un moyen de faire d’une pierre deux coups : lutter contre l’isolement des seniors et de résoudre les problèmes de logement des jeunes. Cette formule permet aussi à la personne âgée vivant seule d’avoir une présence et une sécurité en cas de problème, surtout la nuit, de maintenir une utilité sociale et de vivre au domicile le plus longtemps possible.
L’étudiant est logé chez des retraités pour une modique somme et / ou en échange de menus services tel que faire le petit ménage, sortir les poubelles, fermer les volets, faire les courses, ou préparer un repas. La personne âgée brise sa solitude et la monotonie en accueillant une personne jeune qui pourra se rendre utile dans la vie quotidienne et à lui tenir compagnie.
Le partage, l’échange, la solidarité sont les axes principaux de ce mode d’hébergement. Plusieurs associations organisent la cohabitation intergénérationnelle. Différentes formules existent :

Une chambre sans participation financière (sauf charges) : en échange le jeune s’engage à être présent le soir, la nuit et parfois le week-end.

Une chambre à loyer modéré, où l’étudiant est libre de son temps mais s’engage à régulièrement tenir compagnie à la personne âgée pour l’aider dans des taches précises.

Une chambre à loyer « classique », où l’étudiant est totalement libre et indépendant. Cette formule permet aux personnes âgées ayant une petite pension de retraite d’avoir un complément de revenus.


Un suivi pour assurer la bonne entente du binôme


Beaucoup de personnes âgées sont encore réticentes à adopter cette formule. Pourtant, la cohabitation intergénérationnelle offre des garanties de sérieux et de sécurité pour la personne âgée. Les personnes ne sont pas livrées à elles-mêmes et bénéficient d’un accompagnement tout au long de leur démarche.
Chaque binôme est suivi par l'association, qui en amont fait passer des entretiens avec les étudiants-candidats et qui par la suite, vient rendre visite aux colocataires.
Les associations sont garantes du bon déroulement de la cohabitation selon les principes énoncés par la Charte de la cohabitation intergénérationnelle et veillent notamment à ce que le jeune ne se substitue en aucun cas à un soignant ou autre professionnel nécessaire au maintien à domicile du senior. "Le jeune ne prodigue pas de soins à la personne (toilette, habillage, administration de médicaments).Sa présence la nuit se veut avant tout rassurante, (veille passive) qui ne peut se transformer en garde malade, ni avoir vocation à décharger la famille de ses obligations (visites, devoir d’assistance)", rappelle le réseau Cosi (Cohabitation solidaire intergénérationnelle).

Une opération de cohabitation bien pensée, bien préparée et bien suivie s’avère une expérience stimulante et enrichissante pour la personne âgée comme pour l’étudiant.

Les contrats de cohabitation varient de 3 mois à 1 an reconductible


Plusieurs associations mettent en relation des personnes âgées et des étudiants :


www.leparisolidaire.fr
www.logementintergeneration.org
www.ensemble2generations.fr

Le réseau L.I.S (Logement intergénérationnel solidaire) créé à l’initiative de 8 associations fondatrices l’ensemble du territoire français. Il défend davantage le principe d’échanges entre les générations que de sous-location

Le Réseau COSI (Cohabitation Solidaire Intergénérationnelle) regroupe 25 associations de logement intergénérationnel réparties sur toute la France.

Le Pari Solidaire Lyon pour les personnes âgées habitant Lyon et les communes avoisinantes.