Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

30 décembre 2015
Prise en charge

Bénéficier du congé de proche aidant

Bénéficier du congé de proche aidant

La loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement transforme le congé de soutien familial en "congé de proche aidant". Explications.

Jugé "trop rigide et restrictif" par le gouvernement, le congé de soutien familial disparaît au profit d'un "congé de proche aidant".


Qu’est-ce qui change ?

 

Jusqu'à présent, un salarié pouvait prendre ce congé pour s'occuper d'une personne de son entourage familial (conjoint, concubin, partenaire pacsé, parent, enfant, etc.) présentant un handicap ou une perte d'autonomie d'une particulière gravité. La nouvelle loi étend la liste des proches pouvant être accompagnés au-delà du cercle familial.


Le congé pourra désormais être pris en vue d'aider :
-  Son conjoint ;
-  Son concubin ;
-  Son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ;
-  Son ascendant ;
-  Son descendant ;
-  L'enfant dont il assume la charge au sens de l'article L. 512-1 du code de la sécurité sociale ;
-  Son collatéral jusqu'au quatrième degré ;
-  L'ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu'au quatrième degré de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ;
La personne âgée ou la personne handicapée avec laquelle il réside ou entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente à titre non professionnel pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne.


Qui peut en bénéficier ?

 

Le congé peut être pris en cas de dégradation soudaine de l’état de santé de la personne aidée ou d’une situation de crise nécessitant une action immédiate du proche aidant.
Ce congé est ouvert aux salariés ayant au moins deux ans d’ancienneté dans l’entreprise. Il n’est ni rémunéré par l'employeur ni indemnisé par la sécurité sociale.


Les modalités

 

Le congé est d’une durée de 3 mois renouvelable, sachant qu'il ne peut pas excéder 1 an pour l'ensemble de la carrière.

Ses modalités sont assouplies sur deux points :
- le salarié pourra transformer le congé en période de travail à temps partiel avec l'accord de son employeur ;
- le congé pourra être fractionné, sans pouvoir dépasser la durée maximale de 3 mois renouvelable, toujours avec l'accord de l'employeur.
Le salarié dispose de 48 heures pour avertir son employeur avant la date de congé envisagée, mais en cas de dégradation soudaine et urgente de l’état de santé de la personne aidée, le congé peut être alloué immédiatement. Un décret précisera les modalités du fractionnement et en particulier, la durée minimale de chaque période de congé.