175 propositions pour réformer la politique du grand âge et l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie à domicile comme en établissement. Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale et pilote de la concertation « Grand âge et autonomie », a remis son rapport, le 28 mars, à la ministre des Solidarités et de la Santé.
Quatre ans après la loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV), ce rapport devrait servir de base à l’élaboration de la future loi « Grand âge et autonomie ». Un projet de loi attendu pour l’automne.
« Nous finaliserons pour cet automne une stratégie », a affirmé, lors d’une conférence de presse le 25 avril, le président de la République. Emmanuel Macron a par ailleurs affiché sa volonté d'une meilleure reconnaissance des aidants familiaux, pour les « millions de citoyens qui sont là comme oubliés, ce sont celles et ceux qui ont mis entre parenthèses ou sacrifié leur vie professionnelle pour s'occuper d'un enfant en situation de handicap, d'un proche, d'une personne de la famille devenue dépendante ».
Comment améliorer la prise en charge de nos aînés ? Comment résoudre la problématique du financement de la dépendance ? Comment répondre à la volonté de 85% de Français de vieillir à domicile ? Il va falloir désormais construire une loi à la hauteur de ces défis.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

26 février 2019
Solutions de répit

La France prête à expérimenter le relayage

La France prête à expérimenter le relayage

Venu du Canada, le baluchonnage, rebaptisé relayage en France, est un service de remplacement temporaire de la personne aidante à son domicile auprès de la personne aidée, de jour comme de nuit, y compris les jours fériés. Cette solution devrait être expérimentée en 2019. Explications. 

 

Le baluchonnage est une solution inventée Outre-Atlantique afin de permettre à l'aidant de prendre quelques jours de vacances en sachant son proche en sécurité et entouré à son domicile. Ce terme "baluchonnage" a été inventé au Québec par Marie Gendron, qui a lancé en 1999 Baluchon Alzheimer.

 

Comment ça marche ?

 

Durant ces quelques jours de vacances, le relais est assuré pour la personne aidée en toute sécurité : sa prise en charge se fait au domicile par des équipes de professionnels (aides à domicile, assistantes de soins en gérontologie) qui se relaient. Le "baluchonneur" ou la "baluchonneuse" est présent au domicile de la personne handicapée ou âgée jour et nuit, 24 heures sur 24, pendant plusieurs jours.

 

En présence de la personne aidée et de l'aidant, une visite préalable au domicile est effectuée pour connaître les habitudes de vie de la personne à aider, ses activités, son environnement, les dispositifs d'aide à domicile déjà existants. Une première cohabitation est organisée à domicile d'une demi-journée avec l'aidant et la personne malade. Cette solution de répit est avantageuse car elle permet de préserver les habitudes pour la personne dépendante tout en lui donnant l'occasion de pratiquer des activités nouvelles avec l'intervenant. De son côté, l'aidant est rassuré de savoir que son proche est entre de bonnes mains en restant à domicile. Un journal d'accompagnement est d'ailleurs souvent tenu par l'intervenant à destination de l'aidant.

 

 

Quels sont les bénéfices pour les aidants et les personnes aidées ?

- pour les aidants :

Le dispositif proposé leur permet de prendre plus facilement du repos qu'un dispositif d'hébergement temporaire qu'ils peuvent être réticents à utiliser, avec un bénéfice pour leur santé physique et psychique. L'intervenant peut en outre leur proposer des stratégies d'accompagnement (façons de faire, manières de communiquer...) de la personne aidée de nature à améliorer la relation et la prise en charge et éventuellement en alléger les difficultés.

- pour les personnes handicapées ou âgées :

Le dispositif proposé leur permet de ne pas être déplacées dans un lieu inconnu, de demeurer dans un lieu où elles ont leurs repères et d'être prise en charge par une seule personne.

- pour les « couples aidant/aidé » :

Le dispositif proposé permet une amélioration de la relation par une prise de distance temporaire.
Plus globalement, le dispositif devrait avoir des impacts en matière :
- d'amélioration de la qualité de vie et de la santé des aidants,
- d'amélioration de la qualité de vie et de l'accompagnement des personnes âgées et handicapées à domicile et de prévention de situations de maltraitance,
- de possibilité pour les personnes en perte d'autonomie de vivre plus longtemps à leur domicile, plutôt que d'aller en institution,
- de prévention des hospitalisations ou entrées en institution non souhaitées, coûteuses et potentiellement préjudiciables aux intéressés eux-mêmes, à cause d'une indisponibilité temporaire de l'aidant.

 

Coup d'envoi de l'expérimentation


L'article 53 de la loi du 10 août 2018 « pour un État au service d'une société de confiance » autorise les établissements et services sociaux et médico-sociaux à expérimenter pendant une durée de trois ans la mise en place de prestations de suppléance à domicile du proche aidant d'une personne nécessitant une surveillance permanente.

Un décret du 28 décembre 2018 précise les modalités d'expérimentation des dérogations au droit du travail, autorisées dans le cadre de la mise en œuvre de prestations de suppléance à domicile du proche aidant et de séjours de répit aidants-aidés.

 

Concernant la durée d'intervention, l'article 29 prévoit :
• 6 jours d'intervention consécutifs au maximum ;
• et 94 jours maximum sur 12 mois consécutifs.


La durée de repos quotidien, de 11 heures consécutives, peut être soit supprimée, soit réduite avec attribution d'un repos compensateur. La totalité des heures accomplies ne peut excéder un plafond de 48 heures par semaine en moyenne, apprécié sur chaque période de quatre mois.

 

Les établissements et services intéressés pourront proposer ces prestations selon l'une de ces modalités :

 

- soit selon le mode « prestataire », le relayeur volontaire mis à disposition de la personne aidée restant salarié de l'établissement ou du service ;
- soit selon le mode « mandataire », consistant pour l'ESSMS à mettre son salarié volontaire à disposition de la personne aidée qui en devient l'employeur (rôle pouvant être assuré par le proche aidant), l'établissement ou le service mandataire se chargeant pour son compte des formalités administratives et des déclarations sociales et fiscales.

 

La loi ne crée pas de financement spécifique pour les prestations de relayage. Elles seront financées par des aides de droit commun - telles que l'Allocation personnalisée d'autonomie ou la Prestation de compensation du handicap (PCH) - ou par les collectivités locales et les organismes de protection sociale impliqués dans des actions de soutien aux aidants.