L’éternelle question du financement de la dépendance va revenir en débat, dans les semaines à venir. En juin dernier, le président de la République a promis une loi votée avant fin 2019. « Nous devons avoir un débat national, indispensable pour répondre au nouveau risque de la dépendance. Sur ce sujet, l'année 2019 sera consacrée à une loi qui sera votée avant la fin de l’année. », avait déclaré Emmanuel Macron, lors de son discours devant le congrès de la Mutualité à Montpellier.

Deux tiers des Français considèrent que l'État et les pouvoirs publics doivent "prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes", et seul un tiers est favorable à une nouvelle cotisation sociale "obligatoire pour tous", selon un sondage rendu public, en mars, par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L’enjeu est de taille. D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 million aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près de 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

Un débat de société qui permettra de remettre au cœur des préoccupations le devenir des personnes âgées en perte d’autonomie.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

07 mai 2018
Prévention

Adoptez une hygiène de vie "anti-Alzheimer"

Adoptez une hygiène de vie "anti-Alzheimer"

En adoptant tôt un mode de vie qui permet de maintenir la forme physique et intellectuelle, chacun peut retarder de plusieurs années le déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer. Découvrez les conseils de la Fondation de la recherche médicale.

La maladie d'Alzheimer peut être retardée. Les chercheurs sont unanimes sur ce point. « Face à une maladie incurable, plusieurs études convergent pour affirmer que la prévention peut jouer un rôle primordial ; non pas en empêchant l'apparition des lésions dans le cerveau, mais en retardant l'apparition des symptômes de la maladie, et par conséquent en améliorant la qualité de vie et en repoussant l'âge de la dépendance », rappelle la Fondation pour la recherche médicale dans un livre blanc « La prévention pour combattre la fatalité », édité à l'occasion de la Journée mondiale contre la maladie d'Alzheimer, le 21 septembre.
Avoir une alimentation équilibrée de type méditerranéen, pratiquer une activité physique régulière, surveiller son taux de cholestérol, traiter son diabète et sa tension artérielle, conserver des activités stimulantes qui nécessitent organisation, planification, initiatives, maintenir le lien social avec son entourage : en adoptant tôt un mode de vie qui permet de maintenir la forme physique et intellectuelle, il est à la portée de chacun de retarder de plusieurs années le déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer.

Limiter le risque cardio-vasculaire

De nombreuses études ont déjà rapporté l'impact négatif de l'hypertension artérielle, de l'hypercholestérolémie, de l'obésité, du diabète ou encore du tabagisme sur l'apparition de la maladie d'Alzheimer.

Éviter le stress chronique

« Des études ont montré que ce stress, qu'il soit professionnel ou social, favorise l'émergence de la maladie d'Alzheimer », commente la Fondation pour la recherche médicale. « Une grande étude suédoise, menée sur 35 ans auprès de 1 400 femmes, a conclu que le risque de développer une démence après une période de stress est 65 % plus élevé qu'en absence de stress. »
Quelques pistes pour éviter le stress : Identifier la source de son stress pour pouvoir ensuite s'en détacher. Apprendre la respiration abdominale. Pratiquer le yoga, la méditation, le tai-chi, etc. S'évader du quotidien régulièrement : activités, sport, amis, voyages, etc. Privilégier un sommeil de qualité : avoir un rythme veille/sommeil régulier. Pratiquer une activité calme avant le coucher pour favoriser l'endormissement.

Pratiquer une activité physique

L'exercice physique est bénéfique à tout âge et réduit la probabilité de déclarer la maladie d'Alzheimer et de subir un déclin cognitif. « De plus, pratiquer une activité physique quotidienne s'avère bénéfique à chacun des stades de la maladie : en prévention primaire, avant les premiers symptômes ; en prévention secondaire, au stade léger, et même au stade de la démence », souligne la Fondation de recherche médicale.

Adopter le régime méditerranéen

On connaissait depuis longtemps l'efficacité du régime méditerranéen, appelé également régime crétois, sur la diminution du risque cardiovasculaire ; Des études récentes (2015) viennent de mettre en lumière son effet hautement protecteur sur le déclin cognitif.
Ainsi, une observance rigoureuse du régime méditerranéen diminue de 54 % le risque de développer la maladie d'Alzheimer.
En quoi consiste le régime méditerranéen ? Il se compose d'huile d'olive, de fruits et de légumes, de noix et de céréales en grandes quantités, de poisson quotidiennement, de volaille en quantité modérée et d'un faible apport en produits laitiers, en viande rouge et en produits sucrés. Du vin accompagne le repas en petite quantité.

Maintenir des liens sociaux

L'importance des relations sociales est mise en avant dans les recommandations qui visent à prévenir l'apparition de la maladie d'Alzheimer. En effet, l'interaction avec autrui sollicite le cerveau. Tout d'abord via le langage, mais aussi parce qu'elle nécessite de s'adapter, de partager ses connaissances et demande de l'organisation

« Ces mesures préventives d'hygiène de vie doivent trouver leur place dès la quarantaine, même si, à tout âge, elles s'avèrent bénéfiques. Les dernières recherches tendent à montrer que plus leur mise en pratique est longue, meilleure est la protection vis-à-vis de la maladie d'Alzheimer », souligne la Fondation pour la recherche médicale.