Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

03 octobre 2018
Prévention

Bien vieillir, c'est vieillir sans stress

Bien vieillir, c'est vieillir sans stress

Le stress augmente de façon significative le risque de développer une maladie cardio-vasculaire. La Fédération Française de Cardiologie rappelle quelques conseils pratiques pour apprendre à gérer son stress. Pour bien vieillir, il faut vieillir zen.

 


Comment le stress influe-t-il sur le cœur ?


Le stress est une réaction normale du corps qui nous permet de faire face à une urgence ou un danger. « Ces mécanismes sont utiles et adaptatifs. Comme la douleur, le stress est très subjectif. Il est différent d'une personne à une autre », explique le Dr Jean-Pierre Houppe, cardiologue à Thionville et expert en psychocardiologie.


Il existe deux types de stress qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé : le stress aigu, une émotion intense et brutale causée par un événement particulièrement menaçant et soudain, et le stress chronique, résultant d'une exposition répétée et dans la durée, à des sources de stress.

« La corrélation entre le stress et les maladies cardio-vasculaires est aujourd'hui clairement démontrée » ajoute le Dr Jean-Pierre Houppe. Le stress est déclenché par des facteurs extérieurs indépendants de notre volonté et difficiles à maitriser, comme la maladie d'un proche, des problèmes liés à une situation précaire, etc. Il est cependant possible d'agir de manière plus concrète sur les autres facteurs de risque cardio-vasculaire (arrêt du tabac, activité physique régulière, alimentation équilibrée, etc.) qui pourront aider à réguler le stress, un cercle vertueux !


Le Pr Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHU de Lille et présidente de la FFC, précise : « les maladies cardio-vasculaires sont des maladies du mode de vie et les combattre représente un réel enjeu de société. Nous voulons aider les Français à installer la prévention au cœur de leur quotidien ».


Les dix conseils à suivre


1 Je me fais plaisir, au moins une fois par jour.


2 Je pratique au moins 30 minutes d'activité physique quotidienne, elle renforce le système anti-stress.


3 Je bois moins de café et d'alcool.


4 Je ne fume pas. Si je fume en pensant que cela me détend, je me trompe : je me mets au contraire dans une situation de haut risque d'infarctus du myocarde.


5 Je mange équilibré : 3 repas par jour avec 5 fruits et légumes ; moins de graisses, de sucre et de sel ; pas de grignotage.

 

6 Je m'accorde chaque jour des moments de détente : relaxation, méditation, lecture, musique, cinéma.

 

7. J'exprime mes émotions : peurs, joies, sentiments...


8 Je parle avec ceux qui m'entourent et les écoute : collègues, conjoint, enfants, famille, amis...


9 Je respecte la qualité et la durée de mon sommeil.


10 Si j'en ressens le besoin, je n'hésite pas à consulter un spécialiste de l'aide à la relation : psychologue, psychothérapeute...

 

Eviter le stress, bon pour le cœur et pour le cerveau

 

Selon des scientifiques de la Yale School of Public Health (Etats-Unis), « les personnes âgées les plus positives sont aussi celles qui souffrent le moins de démence ». Plusieurs études ont établi des corréations entre l'anxiété et le risque de démence. En effet, une forte anxiété est associée à des niveaux plus élevés d'hormones de stress, dont le cortisol. Or une élévation chronique du cortisol entraînerait des dommages dans certaines zones du cerveau comme l'hippocampe, impliqué dans la mémoire, et le cortex frontal, impliqué dans la pensée et les fonctions complexes.