On les a longtemps surnommés « Les Invisibles ». Ils tendent à l’être de moins en moins. Eux, ce sont les 11 millions de proches aidants d’une personne en perte d’autonomie. Plus de 4,5 millions d’entre eux accompagnent une personne âgée dépendante. L’actualité de ces dernières semaines montre que la reconnaissance des proches aidants avance pas à pas. Une reconnaissance de leur rôle essentiel aux côtés des professionnels du grand âge et du handicap mais également de leurs besoins d’être aidés, soutenus, soulagés, relayés.
La parution d’une récente loi sur la reconnaissance des proches aidants prévoit d'intégrer dans la négociation collective des branches professionnelles des mesures destinées à faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés proches aidants.
La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé qu’une série de mesures pour les proches aidants serait en réflexion cet été afin d’entrer en vigueur dès 2020. L’indemnisation du congé du proche aidant devrait être au programme. Depuis le 10 mai et jusqu’à fin 2021, des expérimentations de deux nouveaux dispositifs de répit pour les proches aidants sont lancées : le relayage et les séjours de répit aidant-aidé.
Les proches aidants sortent peu à peu de l’oubli. Pour les professionnels de l’aide à domicile, ces conjoints, enfants, frères et sœurs, amis, voisins des personnes en perte d’autonomie sont considérés, depuis longtemps, comme de précieux partenaires.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

26 novembre 2018
Prévention

Détecter le risque de dénutrition

Détecter le risque de dénutrition

Le Collectif de lutte contre la dénutrition,  lance, le 26 novembre, une campagne de prévention contre cette maladie, qui touche deux millions de personnes en France. Le risque de dénutrition concerne de 2 % à 4 % des personnes âgées vivant à domicile entre 60 et 80 ans et peut atteindre 10 % au-delà de 80 ans.

 

La dénutrition se définit par par une perte de poids, même en cas de surcharge pondérale (perte de 5% de son poids en un mois ou 10% en six mois) et/ou par une maigreur (indice de masse corporelle inférieur aux normes pour l’âge). Contrairement aux idées reçues, les besoins nutritionnels de la personne âgée sont aussi importants que ceux d’un adulte à activité physique équivalente. Quand la personne âgée mange moins qu’elle ne dépense : elle est à risque de dénutrition. Cela provoque une diminution de la masse musculaire. C'est ce qui explique aussi la faiblesse physique générale et les troubles de la marche et de l'équilibre.

 

Les facteurs de risque

 

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la dénutrition chez la personne âgée. D’où la nécessité d’être particulièrement vigilant au comportement alimentaire de la personne âgée.

 

- Des problèmes bucco-dentaires ou une mauvaise dentition (douleurs ou difficultés à la mastication, prothèse mal adaptée…) contrarient les efforts de la personne âgée pour manger et contribue à la perte d’appétit.
 
- Des troubles de la déglutition peuvent également contribuer à favoriser un état de dénutrition.

- La diminution des capacités olfactives et gustatives, ainsi que l’altération de la perception des saveurs, qui s’amplifient au-delà de 70-75 ans, peuvent fragiliser l’état nutritionnel.

- L’isolement social est un facteur qu’il ne faut pas oublier. Faute de lien social, une personne âgée peut perdre l’intérêt de manger, puisqu’il faut le faire seul.

Pour la personne âgée en perte d’autonomie,  il est plus difficile d’aller faire ses courses, de les porter, de faire la cuisine…

 

Pour détecter tout risque de dénutrition, il est donc important de peser la personne âgée une fois par mois, à peu près à la même heure et de noter le poids sur un calendrier ou un cahier.

 

Garder l'envie de manger


Avec l'avancée en âge, l’appétence   pour   la   nourriture diminue.   Pour   faire   face à   cette  difficulté,  les   personnes   âgées  doivent «bien manger »,   c’est-à-dire   non   seulement   couvrir   leurs  besoins  physiologiques  mais  aussi  garder  «l’envie  de  manger» surtout,  ne  jamais  oublier  que  la  meilleure  prévention  contre  l’éloignement  de  la  nourriture, plaisir : du   goût,   de   la   convivialité,   de   l’esthétique   (environnement   et   présentation   de   l’assiette),  voire  de  la  préparation  par  soi-­même.

 

Le site d'information http://alertedenutrition.fr/ est riche de conseils pratiques pour accompagner une personne âgée qui peine à prendre ses repas correctement :

 

Votre proche âgé manque d'appétit ? 

 

Faire de petits repas et manger des collations (le goûter est un bon prétexte pour un encas et/ou une boisson).
Prendre un repas en compagnie de personne agréable et appréciée (par exemple inviter des proches une fois par semaine).
Tenir compte des goûts de la personne.
Lui faire pratiquer une activité physique juste avant les repas. Ça ouvre l'appétit et influence positivement le moral.
Enrichir son alimentation avec du fromage, de la crème, des œufs...
Vérifier que ce manque d'appétit n'est pas dû aux médicaments (en parler avec le médecin ou le pharmacien).
Si les conseils diététiques, l'enrichissement des repas et les collations ne suffisent pas, les compléments nutritionnels oraux doivent être prescrits. Ils permettent d'augmenter l'appétit et le poids des malades et de diminuer le risque d'hospitalisation, de complications à l'hôpital et de réadmissions non programmées.

 

 

Votre proche âgée souffre d'une perte de goût ?

 

 

Être attentif à varier son alimentation : lorsqu'elle est trop monotone, cela ne favorise pas l'appétit.
Conseiller de mastiquer suffisamment longtemps afin que les aliments expriment leurs saveurs.
Ne pas hésiter à ajouter des herbes, épices, et condiments, cela relève les plats et ouvre les papilles gustatives.

 

 

 

 

Des compléments nutritionnels

 

Des compléments nutritionnels oraux hypercaloriques et hyper-protidiques peuvent être prescrits par le médecin pour pallier un apport alimentaire insuffisant.

Ces aliments spécifiques existent sous différentes formes (liquides, solides, prêts à l’emploi ou à mélanger aux aliments, sous forme de poudres). 

Les compléments oraux sont recommandés afin de prévenir la dénutrition. Ils complètent l'alimentation normale mais ne doivent pas la remplacer. Ils sont pris par la personne âgée en collation dans la matinée,  dans l'après-midi et toujours à distance des repas.