Qui dit nouvelle année, dit nouvelles résolutions, nouvelles priorités. Pour la stratégie nationale de santé 2018-2022, la prévention et la promotion de la santé seront deux axes centraux. En somme, mieux vaut prévenir que guérir !
Les personnes âgées comptent parmi les publics prioritaires avec la prévention de la perte d’autonomie.

En ligne de mire ? La prévention de la dénutrition qui passe par une alimentation adéquate et une activité physique régulière et adaptée. La prévention de la dépression des seniors notamment grâce à la lutte contre le risque d’isolement social. Haro également sur la iatrogénie médicamenteuse et les chutes, principaux facteurs d’hospitalisation évitable des personnes âgées et qui accentuent la dégradation de l’état de santé et l’entrée en dépendance.
 
Après la loi d’adaptation de la société au vieillissement, la stratégie nationale de santé 2018-2022 entend renforcer, à son tour, le repérage et la reconnaissance du rôle des aidants des personnes âgées, handicapées, ou atteintes de maladies chroniques.

Un soutien indispensable pour ces 11 millions de personnes dont l'engagement auprès de leurs proches a souvent des effets négatifs sur leurs revenus, leur vie professionnelle et sociale, leur état de santé et leur bien-être. Un soutien qui reposera également sur le développement des dispositifs de répit.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

02 février 2018
Avis d'expert

Cancer : démêler le vrai du faux

Cancer : démêler le vrai du faux
  • Certains cancers spécifiques peuvent être liés à l’âge

A l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le 4 février, les médecins de l'Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon reviennent sur de nombreuses idées reçues concernant cette maladie. Voici les informations pour démêler le vrai du faux.

 

 

 

 

 

On peut guérir définitivement d'un cancer - VRAI


Dans le cas du cancer, il est possible de parler de guérison « lorsque plus aucun signe de maladie n'est détecté à l'issue d'une période de 5 ans (10 ans ou plus pour certains cancers) de suivi du patient après fin des traitements », indiquent les médecins du CHU de Lyon. C'est notamment l'apparition de nouveaux traitements (thérapies ciblées, biologie moléculaire) et l'amélioration des méthodes diagnostiques qui permettent désormais de déceler les cancers à un stade plus précoce et donc plus facile à prendre en charge. Améliorant d'autant le pronostic
Si ma mère et ma grand-mère ont eu un cancer du sein, j'en aurai forcément un – FAUX
En réalité, « 90% des cas de cancer du sein ne sont pas liés au patrimoine héréditaire mais surviennent sans prédisposition génétique identifiée », indiquent les médecins lyonnais. Cependant, « lorsque plusieurs cancers du sein sont diagnostiqués chez des personnes d'une même famille, le médecin peut proposer à la patiente, selon certains critères, de participer à une recherche de mutation génétique ». Si le risque est confirmé, « une surveillance renforcée ou une mastectomie bilatérale prophylactique » peuvent être proposés.


L'utilisation de déodorants ou le port de soutien-gorge peut favoriser le cancer du sein - FAUX


« Une étude a montré un lien entre cancer du sein et exposition à des sels d'aluminium chez la souris, dans des conditions expérimentales. Des doutes ont donc été émis », expliquent les rédacteurs du vrai-faux. « Cependant, malgré plusieurs études épidémiologiques bien menées, aucun travail conduit chez l'homme n'a montré de lien entre l'utilisation des déodorants et la survenue de cancer du sein. » Même constat concernant le port de soutien-gorge. « Il n'a jamais été démontré d'association significative » entre ce choix vestimentaire et la survenue d'un cancer.

 

Certains régimes peuvent guérir le cancer - FAUX


Depuis quelques années, le jeûne et les régimes apparentés font l'objet d'un engouement de la part du grand public du fait d'une large médiatisation de leur pratique et de leurs potentiels effets sur la réduction du risque de développer certains cancers ou sur l'efficacité et la tolérance des traitements associés.
Certains régimes peuvent guérir le cancer
Les cancérologues des Hospices Civils de Lyon constatent un recours plus ou moins avoué des patients à ces pratiques avec des méthodologies différentes (jeûne complet, restriction calorique, restriction protéique, régime cétogène sur glucides) et des objectifs différents, basés sur des convictions telles que :
• Tolérance chimiothérapie → jeunes courts
• Effets anticancéreux → jeunes plus longs, et parfois à risque de dénutrition
• Prévention primaire des cancers
• Prévention secondaire des cancers
Or, l'analyse des données scientifiques montre qu'il n'y a pas de preuve d'un effet protecteur du jeûne et des régimes restrictifs chez l'être humain en prévention primaire, c'est-à-dire à l'égard du développement des cancers ; ou d'un effet bénéfique pendant la maladie :
• Ni curatif : manque de preuves global (études animales, essais de faible effectif non publiés, résultats hétérogènes...). Et plus spécifiquement sur le régime cétogène : sur 7 études de faible valeur scientifique en raison du faible nombre de patients, 3 avec effet favorable, et 4 avec effet délétères ;
• Ni d'optimisation de l'effet des traitements des cancers : pas d'effet positif démontré du jeûne sur l'amélioration de la tolérance des chimiothérapies, mais pas non plus de risque avéré.
A l'inverse même, chez les patients atteints de cancer, la perte de poids et de masse musculaire observée dans les études cliniques suggère un risque d'aggravation de la dénutrition et de la sarcopénie[1], deux facteurs pronostiques péjoratifs reconnus au cours des traitements, pouvant entrainer une augmentation du risque infectieux et d'immunosuppression anticancéreuse.
La nutrition reste toutefois une question essentielle dans la prévention des cancers et pendant les traitements. De nombreuses études ont démontré qu'après cancer (notamment sein), la prise de poids, l'absence d'activité physique et un régime non équilibré pouvaient induire un risque de rechute. Il est primordial que les médecins soient à l'écoute des attentes et pratiques de leurs patients dans ce domaine et les accompagnent en leur proposant un suivi nutritionnel régulier.


On peut soigner le cancer avec des comprimés – VRAI

 

Plus confortables qu’une perfusion à l’hôpital, les chimiothérapies sous forme de comprimés en prise à domicile sont en plein développement. D’ici 2020, elles représenteront probablement la moitié des traitements. En réalité, la chimiothérapie par comprimé correspond le plus souvent à ce qu'on appelle une thérapie ciblée. Les chercheurs ont développé des médicaments qui viennent se fixer sur des anomalies présentes à la surface des cellules tumorales de certains patients. Ces traitements empêchent ainsi la cellule cancéreuse de vivre normalement D'ici 2020, ces chimiothérapies sous forme de comprimés représenteront probablement la moitié des traitements.


Le tabac est le premier facteur de risque évitable du cancer - VRAI


C'est vrai et c'est même beaucoup plus : le tabac est en réalité le premier facteur de risque évitable de mortalité dans le monde ! Aujourd'hui le tabac est responsable de plus de 5 millions de morts par an dans le monde, soit un décès toutes les 6 secondes. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, le nombre de décès annuel attribué au tabac pourrait passer à 8 millions d'ici 2030 si rien n'est fait.
En France, le tabac tue chaque année plus de 73 000 personnes, soit autant que l'alcool, les accidents de la route, le sida, les suicides, homicides et drogues illicites, réunis.
Concernant les cancers, le tabac est responsable des cancers du poumon mais aussi des cancers de la gorge, de certains cancers de la vessie. Il serait également impliqué dans les cancers du foie, du pancréas, de l'estomac, du rein, du col utérin, du sein, du colon, de l'ovaire et de certaines leucémies. En France, on considère que 54 % des hommes et 29 % des femmes qui décèdent d'un cancer meurent d'un cancer lié au tabac.
Enfin, rappelons que le tabagisme passif est également un facteur de risque de cancer du poumon, essentiellement impliqué dans les cancers du poumon des non-fumeurs. Selon l'OMS, on estime que 40% des enfants et 30% des adultes dans le monde sont exposés au tabagisme passif.


Arrêter totalement et définitivement de fumer est un geste de prévention majeur contre le cancer. Vous pouvez contacter un tabacologue en appelant la ligne tabac info service au 3989.


Chez la personne âgée, il y a moins d'urgence à traiter le cancer - FAUX


Même s'il est possible que la survenue de cancers soit favorisée par le vieillissement, le cancer évolue de la même façon chez le sujet âgé et le sujet jeune.
Certains cancers spécifiques pouvant être liés à l'âge, comme le cancer de la prostate, peuvent effectivement avoir une évolution lente mais pour les cancers les plus fréquents, comme ceux du sein ou du côlon, l'évolutivité est identique. En outre, il n'y a de cancer spécifique du senior, mais la fréquence d'un certain nombre de cancers augmente de manière importante avec l'âge. C'est notamment le cas pour les cancers digestifs ou les cancers de la vessie.
Au contraire même, à dynamique de cancer équivalente, le retentissement sur l'organisme est plus important chez un patient âgé fragilisé par le vieillissement et d'éventuelles comorbidités. Les personnes âgées présentent bien souvent, en plus de leur cancer, des pathologies liées à l'âge (une maladie cardiovasculaire, de l'arthrose, voire une maladie d'Alzheimer...) et des symptômes tels que la fatigue persistante, les troubles de la digestion ou l'amaigrissement souvent considérés comme banals, peuvent être des signes d'alerte d'une maladie en plein développement.
Le diagnostic est alors un élément déterminant de la prise en charge :
• Car le retard de diagnostic de cancer, surtout chez les personnes de plus de 70 ans, les conséquences peuvent être graves (sous-traitement ou sur-traitement) ;
• Pour adapter au mieux la réponse médicale, en fonction de la maladie et pas seulement du critère de l'âge, tout en maintenant une qualité de vie digne.