On juge une société à la manière dont elle traite ses anciens. Si l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie concerne aujourd’hui près de 5 millions de Français en tant que proches aidants, le rôle et la place que l’on souhaite donner aux plus âgés dans notre société implique chacun d’entre nous.

Le ministère des Solidarités et de la Santé a lancé une grande consultation citoyenne sur la prise en charge de la perte d’autonomie. Pendant deux mois, du 1er octobre au 9 décembre 2018, les Français(es), y compris les plus jeunes, vont pouvoir répondre librement à la question : « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? »

Des groupes d’expression et des entretiens individuels seront organisés pour recueillir la parole des personnes âgées, des familles et des professionnels. Cette consultation de la société civile nourrira la réflexion du gouvernement au moment de préparer le projet de loi « Grand âge et autonomie » en 2019.

Et vous, quelles sont vos propositions et idées pour une société inclusive pour les personnes âgées ?

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

31 octobre 2016
Avis d'expert

"La dénutrition est une affection silencieuse, non douloureuse et lourde de conséquences"

"La dénutrition est une affection silencieuse, non douloureuse et lourde de conséquences"
  • Éric Fontaine, fondateur du Collectif de lutte contre la dénutrition.

Plus de 2 millions de Français souffrent de dénutrition. Et plus précisément : 50 % des personnes âgées hospitalisées, 40 % des malades d'Alzheimer et des personnes âgées vivant en établissement. Il est urgent d'agir contre ce fléau silencieux.

 

Une personne âgée qui n’a plus la force de faire les courses ou la cuisine, qui n’a plus assez d’appétit, et un malade n’arrive pas à manger parce qu’il souffre de nausées font partie des exemples concrets de dénutrition. N’importe quelle personne est à risque : enfants, adolescents, adultes, malades, personnes âgées, en surpoids ou obèse, vivant à domicile ou en institution.


 
Le Collectif de lutte contre la dénutrition (CLD) a été fondé en début de l’année 2016 à l’initiative du Professeur Éric Fontaine, Président de la Société francophone de nutrition clinique et métabolisme (SFNEP). Objectif : mobiliser la population afin de contraindre les pouvoirs publics à mettre fin à la dénutrition aujourd’hui en France. Il rassemble de nombreux acteurs de la société civile venant d’horizons différents : des associations de patients, des aidants, des proches et usagers des établissements de santé, des professionnels de santé (médecins, diététiciens, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, pharmaciens), des anthropologues, des sociologues, des philosophes, des économistes, des gestionnaires, des acteurs de l’économie sociale et solidaire et de la nutrition clinique, des personnalités religieuses et politiques.

 

Qu’est-ce que la dénutrition ?

 

La dénutrition résulte d’un déficit énergétique et protéique de l’organisme, causé soit par une insuffisance des apports alimentaires, soit par une augmentation des pertes, soit par une association de ces deux causes. Ce n’est pas à proprement parler une maladie, mais un syndrome, c’est-à-dire une combinaison de facteurs qui vont concourir à la dégradation de l’état général. En pratique, elle se définit par un indice de masse corporelle (IMC) au-dessous des courbes minimales des carnets de santé, et une perte de poids involontaire de plus de 5% en un mois ou de plus de 10% en six mois. Lorsque c’est de la graisse, ce n’est pas grave, mais lorsque c’est du muscle, c’est beaucoup plus problématique.
La dénutrition provoque diverses conséquences, telles qu’une infection, une altération des différentes fonctions physiologiques essentielles (musculaire, immunitaire, cicatrisation), une fonte de la masse musculaire, un risque de chute, un retentissement psychique et relationnel voire la mort lorsque la masse protéique excède 50%.
Le vieillissement, qui réduit l'appétit, et les maladies chroniques, peuvent expliquer ce phénomène. Mais le problème est encore sous-évalué et sous-diagnostiqué.

 

 

 La dénutrition touche 4% des plus de 70 ans vivant à domicile, 10 % des plus de 80 ans en couple et 23 % des plus de 70 ans vivant seuls.

 


Qui est touché par la dénutrition ?


Plus de deux millions de personnes souffrent en France de dénutrition, notamment des personnes âgées ou malades.Aujourd’hui, la dénutrition touche 4% des plus de 70 ans vivant à domicile, 10 % des plus de 80 ans en couple et 23 % des plus de 70 ans vivant seuls. De plus, 270 000 personnes vivant en maison de retraite sont dénutries. En 2060, une personne sur trois aura plus de 60 ans et 12 millions d’individus auront plus de 75 ans. La dénutrition touchera alors un nombre encore plus important de Français. Prévenir la dénutrition, c’est prévenir le syndrome de fragilité et donc diminuer le nombre ou la durée des hospitalisations.


Quelles sont les conséquences de la dénutrition ?

 

La dénutrition est une affection silencieuse, non douloureuse lourde de conséquences. les conséquences de la dénutrition peuvent être graves : infections fréquentes, altérations de différentes fonctions physiologiques, fonte de la masse musculaire, atteinte du système immunitaire, risque de chute, retentissement psychique et émotionnel et même la mort quand la perte de masse protéique excède 50 %. Le Collectif de lutte contre la dénutrition propose à tous les Français de signer un manifeste pour lutter en grand nombre contre la dénutrition.
« Nous lançons un cri d’alarme face à une maladie méconnue, qui favorise le développement d’infections et de complications postopératoires, retarde la guérison, accroît le risque de chute, allonge la durée des hospitalisations et peut dans certains cas conduire à la mort », résume le Pr Eric Fontaine.

 

Concrètement, les 10 propositions du Manifeste sont les suivantes :


1. Faire de la dénutrition la Grande Cause nationale du prochain quinquennat.
2. Lancer un Plan de lutte contre la dénutrition 2018-2021 pour enrayer la progression de la maladie et faire face à ses conséquences médicales, sociales et économiques.
3. Se fixer pour objectif : « zéro personne âgée tuée par la dénutrition ».
4. Nourrir correctement 100 % des patients malades.
5. Peser 100 % des patients dénutris de l’hôpital jusqu’à leur domicile.
6. Imposer la présence d’un médecin nutritionniste et de 10 diététiciens pour 600 lits d’hôpital.
7. Doter les établissements de soins d’un référent dénutrition.
8. Créer un Comité national de vigilance chez l’enfant permettant un meilleur accompagnement vers la guérison.
9. Former les futurs médecins, le personnel médical et soignant, les professionnels de santé ainsi que les malades, leurs proches et les aidants au risque nutritionnel.
10. Prendre soin de chacun en valorisant le goût et le plaisir.
Dès le 19 octobre, le collectif appelle les citoyens à signer ce Manifeste, mis en ligne sur le site www.luttecontreladenutrition.fr. Le Manifeste est également présent sur les réseaux sociaux : @stopdenutrition ; #stopdenutrition ; #GrandeCause2018.


La pétition sera soumise ensuite aux candidats à l’élection présidentielle de 2017.


Les chiffres :


La dénutrition touche 6 à 10% des personnes âgées de plus de 70 ans.
40% des personnes âgées sont hospitalisées pour des conséquences de la dénutrition.
50% des personnes hospitalisées sont dénutries.
400 000 personnes âgées sont dénutries à domicile contre 270 000 personnes en établissement. 

40 % des malades d'Alzheimer et 40 % des malades cancéreux sont dénutris.