On les a longtemps surnommés « Les Invisibles ». Ils tendent à l’être de moins en moins. Eux, ce sont les 11 millions de proches aidants d’une personne en perte d’autonomie. Plus de 4,5 millions d’entre eux accompagnent une personne âgée dépendante. L’actualité de ces dernières semaines montre que la reconnaissance des proches aidants avance pas à pas. Une reconnaissance de leur rôle essentiel aux côtés des professionnels du grand âge et du handicap mais également de leurs besoins d’être aidés, soutenus, soulagés, relayés.
La parution d’une récente loi sur la reconnaissance des proches aidants prévoit d'intégrer dans la négociation collective des branches professionnelles des mesures destinées à faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés proches aidants.
La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé qu’une série de mesures pour les proches aidants serait en réflexion cet été afin d’entrer en vigueur dès 2020. L’indemnisation du congé du proche aidant devrait être au programme. Depuis le 10 mai et jusqu’à fin 2021, des expérimentations de deux nouveaux dispositifs de répit pour les proches aidants sont lancées : le relayage et les séjours de répit aidant-aidé.
Les proches aidants sortent peu à peu de l’oubli. Pour les professionnels de l’aide à domicile, ces conjoints, enfants, frères et sœurs, amis, voisins des personnes en perte d’autonomie sont considérés, depuis longtemps, comme de précieux partenaires.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

05 avril 2019
Avis d'expert

"La santé bucco-dentaire est trop souvent oubliée par les aidants"

"La santé bucco-dentaire est trop souvent oubliée par les aidants"
  • Les dents au coeur de la santé

Face aux diverses pathologies à gérer chez leur proche en perte d'autonomie, la santé bucco-dentaire est trop souvent oubliée par les aidants. L'hygiène bucco-dentaire est capitale en cas de maladie chronique. Explications de l'Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD).

 

En cas de diabète

36 % des diabétiques se rendent à une consultation dentaire annuelle alors que le suivi doit être semestriel !

La relation entre diabète et maladies parodontales a été établie par de nombreuses études épidémiologiques. Le diabète est un facteur de risque susceptible de favoriser le développement d'une parodontite et d'autre part, que l'infection parodontale semble avoir une influence sur l'équilibre glycémique. La maladie parodontale – sixième complication du diabète - se caractérise par une inflammation gingivale évolutive avec une destruction des tissus de soutien de la dent qui entraîne une mobilité dentaire pouvant aller jusqu'à la perte des dents.

Il faut donc que le patient diabétique pense à consulter son dentiste tous les 6 mois, d'autant que dans le cadre des Affections Longue Durée ces rendez-vous sont entièrement pris en charge ainsi que les soins dentaires liés au diabète ! Ses visites doivent être complétées par un brossage méticuleux 2 fois par jour pendant 2 minutes avec une attention particulière portée aux espaces interdentaires avec l'utilisation de fil dentaire ou brossettes.

En cas d'accident vasculaire cérébral (AVC)

150 000 personnes sont touchées par les AVC sur une année dont 26% était porteur de la bactérie type streptococcus mutant.

Le risque d'AVC est accentué par une mauvaise hygiène bucco-dentaire. La bactérie responsable est de type streptococcus mutant contenu dans la salive. Ces molécules inflammatoires passent dans le sang et influence l'aggravation de certaines maladies. Cette bactérie peut donc se fixer aux vaisseaux et favoriser les risques de rupture d'anévrisme (1). D'autres maladies chroniques de longues durées, de type cardio vasculaire ou diabète ont aussi une interaction avec les pathologies dentaires et une hygiène bucco-dentaire non optimale. Pour avoir une hygiène bucco-dentaire irréprochable et limiter les liens bidirectionnels avec les maladies chroniques, l'UFSBD préconise un brossage systématique des dents, 2 minutes, 2 fois par jour, matin et soir. Elle recommande l'utilisation d'un dentifrice fluoré, du passage du fil dentaire (2) entre chaque dent le soir, la mastication d'un chewing-gum pendant 20 mn après chaque prise alimentaire. Elle préconise également un contrôle régulier de la sphère buccale avec une visite tous les 6 mois.

En cas de maladies cardio-vasculaires

Une carie non soignée tout comme une gencive malade sont de véritables portes d'entrées pour les bactéries ou les toxines. Les bactéries présentent dans la bouche peuvent migrer dans la circulation du sang et venir se greffer sur votre cœur avec un risque d'endocardite. L'endocardite est une inflammation de la paroi qui tapisse le cœur et les valves cardiaques, cette maladie infectieuse peut être mortelle. Les maladies de la bouche sont les premières causes d'endocardite infectieuse. Quel rapport entre la bouche et le cœur ? L'UFSBD encourage chaque patient à préserver son potentiel « santé ». Préserver sa santé bucco-dentaire c'est préserver la santé de son cœur et donc préserver sa santé en général, en adoptant, au quotidien, des réflexes simples : manger équilibré, faire du sport, ne pas fumer et limiter sa consommation d'alcool.

En cas de maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer ou les troubles cognitifs peuvent conduire certaines personnes âgées à oublier de prendre soin de leurs dents au quotidien ou à ne pas consulter un spécialiste lorsque cela s'avère nécessaire.

Les aidants doivent être vigilants pour aider la personne âgée à maintenir jour après jour une bonne hygiène dentaire, quitte à effectuer le brossage avec elle avec l'avancement de la maladie.