Pour les personnes âgées comme pour leurs proches aidants, la saison estivale est bien souvent une période qui appelle à de nombreuses vigilances. C’est tout particulièrement vrai quand la France est touchée par un épisode caniculaire comme c’est le cas depuis le 24 juin. Les températures devraient osciller sur la plupart des régions entre 35 °C à 39 °C pendant toute la semaine.
Avec le réchauffement climatique, ces épisodes caniculaires seront de plus en plus nombreux et de plus en plus intenses. Depuis la canicule de 2003 et ses 15.000 décès entre le 1er et 20 août, majoritairement chez les personnes âgées, la France a adopté le Plan national canicule, un dispositif de prévention efficace. Mais il n’est pas superflu de rappeler, comme le fait Domimag, les mesures de précaution à prendre pour protéger les personnes âgées lors des fortes chaleurs.
Redoublons de vigilance surtout avec les personnes âgées isolées ! Celles qui le sont tout au long de l’année tout comme celles qui le seront durant les mois de juillet et d’août, avec le départ en vacances de leurs proches. Repérer, prévenir, conseiller, sensibiliser : quand les températures grimpent, les professionnels de l’aide à domicile jouent alors un rôle clé auprès des seniors les plus fragiles.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

03 mars 2016
Alzheimer

Alzheimer : un risque en diminution ?

Alzheimer : un risque en diminution ?

La fréquence des nouveaux cas de démences liées à l’âge, comme la maladie d’Alzheimer pourrait être retardée voire évitée en prenant garde à certains facteurs de risque.

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 47,5 millions le nombre de personnes dans le monde atteintes de démences (c’est-à-dire maladie d’Alzheimer et maladies apparentées) et les prévisions pour les futures décennies sont de 75,6 millions en 2030 et à 135,5 millions en 2050. En France, 900 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer et on estime que 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Les travaux récemment publiés faisant état d'une baisse du nombre de nouveaux cas de démences s'appuient sur les données de l'étude  épidémiologique de Framingham, la plus ancienne du genre, commencée en 1947. C’est à partir de 1975 que les participants à l’étude FHS ont été surveillés en continu pour diagnostiquer l’apparition d’une détérioration cognitive ou d’une démence.


Les chercheurs ont pu diagnostiquer la maladie d’Alzheimer et d’autres démences en utilisant les mêmes critères au cours des trente dernières années. Les données recueillies comprennent les examens réalisés dans l’étude FHS (mesures de paramètres cardiovasculaires, prise de sang…), des entretiens avec des membres de la famille et un examen clinique approfondi des participants chez lesquels un problème neurologique est suspecté par des neurologues ou des neuropsychologues.
 
Les chercheurs ont observé pendant près de 40 ans le taux d’apparition des nouveaux cas démence à tout âge donné et ont tenté d’expliquer pourquoi il avait diminué dans le temps en prenant en compte des facteurs de risque comme les années d’étude, le tabagisme, et les maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension ou l’hypercholestérolémie.
En examinant quatre périodes distinctes (1970-1979, 1980-1989, 1990-1999, 2000-2009), les chercheurs ont découvert un déclin progressif de l’incidence de la démence à tout âge, avec une réduction moyenne de 20 % tous les dix ans depuis le début de la période d’observation. Ce déclin était plus prononcé pour un sous-type de démence dû aux maladies vasculaires, (démences vasculaires, ou post AVC). Au cours de la même période, la part des démences attribuable aux maladies cardiovasculaires a diminué ce qui illustre l’importance d’un traitement efficace des AVC et des mesures de prévention maladies cardiaques. Il est intéressant de noter que le déclin de l’incidence de la démence a été observé uniquement chez des personnes ayant un niveau d’études secondaires et au-delà.

 

L'efficacité de la prévention


« Actuellement, il n’y a pas de traitement efficace pour prévenir ou guérir la démence ; cependant, notre étude permet d’espérer que certains cas de démence seraient évitables – ou du moins retardés – grâce à une prévention primaire (pour empêcher le début du processus de la maladie) ou secondaire (pour empêcher de progresser vers une démence clairement clinique) », a expliqué, le docteur Sudha Seshadri, professeur de neurologie à la Faculté de Médecine de l’Université de Boston et investigateur principal de l’étude FHS. « Une prévention efficace pourrait réduire au moins en partie l’explosion du nombre de personnes affectées par la maladie dans quelques dizaines d’années », a-t-elle ajouté.
Les travaux à partir de l’étude FHS se sont régulièrement avérés être une source fiable de données. Cependant, les auteurs concèdent que les participants à l’étude FHS sont en très grande majorité d’origine européenne et que de plus amples études sont nécessaires pour généraliser cette découverte à d’autres populations. De plus, les auteurs n’ont pas pu examiner l’impact des modifications du régime alimentaire ou de l’activité physique sur leurs résultats
 « La prévention primaire et secondaire et une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires/AVC et de leurs facteurs de risque pourraient ouvrir de nouvelles perspectives à la fois dans leur rôle dans l’étiologie des démences et pour revoir à la baisse les projections actuelles quant au poids de la démence dans les prochaines décennies » ajoute Carole Dufouil, directeur de recherche à Bordeaux .


Si l'optimisme est de rigueur en terme d'efficacité de la prévention, cela ne signifie pas que le nombre total de personnes atteintes de démence diminuera dans un avenir proche. En effet, puisque les baby-boomers vieillissent et que les personnes vivent plus longtemps, le poids de la démence continuera à augmenter.