L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

22 novembre 2018
Prévention

4 seniors sur 10 porteraient des lunettes inadaptées à leur vue

4 seniors sur 10 porteraient des lunettes inadaptées à leur vue

Près de 40 % des personnes âgées de 78 ans et plus ne portent pas de lunettes adaptées à leur vue, d'après une étude menée par des chercheurs français (Inserm, université de Bordeaux et Sorbonne).

 

Des chercheurs de l'Inserm, de l'Université de Bordeaux et de Sorbonne Université ont publié une étude qui montre, dans une population de personnes âgées, que près de 40 % ont un trouble visuel (tel que la myopie, l'hypermétropie ou l'astigmatisme) mal corrigé et pourraient donc avoir une vue améliorée par le port de lunettes mieux adaptées.

Les troubles visuels sont fréquents dans la population âgée et associés à des conséquences délétères sur la santé, notamment sur la qualité de vie et la dépendance dans les activités de la vie quotidienne. La myopie, l'hypermétropie ou l'astigmatisme représentent encore des causes importantes de troubles visuels alors qu'ils sont corrigeables par le port de lunettes bien adaptées à la vue.


A partir des données de la cohorte Alienor ayant évalué plus de 700 personnes âgées de 78 ans et plus, des chercheurs de l'Inserm, de l'Université de Bordeaux et de Sorbonne Université se sont intéressés aux troubles visuels liés aux erreurs de réfractions (telles que la myopie, l'hypermétropie ou l'astigmatisme) mal ou non corrigés par des lunettes ou des lentilles de vue adaptées.


Dans cette étude, les chercheurs ont montré que près de 40 % des personnes âgées de 78 ans et plus ne portent pas de lunettes adaptées à leur vue.
« Les raisons sont multiples explique Catherine Helmer, chercheuse Inserm en charge de l'étude, elles peuvent être liées à un fatalisme laissant penser qu'il est normal que la vue décline avec l'âge ou encore à des raisons financières persistantes malgré les aides existantes. »


De plus, le port de lunettes non adaptées est estimé à près de 50 % chez les personnes examinées dans leur lieu de vie (parce qu'elles n'ont pas souhaité ou pas pu se déplacer au centre hospitalier) et elle est de 35 % chez les personnes avec des pathologies oculaires liées à l'âge (dégénérescence maculaire liée à l'âge, glaucome...).


« Au-delà du nombre important de troubles visuels mal corrigés dans l'ensemble de la population étudiée, la part encore plus élevée de mauvaise correction chez les personnes examinées dans leur lieu de vie devrait inciter à la mise en place d'actions de prévention les ciblant spécifiquement. De plus, le fait de retrouver un nombre important de troubles visuels mal corrigés également chez des personnes présentant des pathologies oculaires – et qui sont le plus souvent suivies pour ces pathologies souligne la nécessité d'être attentif à ces corrections inadaptées. » conclut Catherine Helmer.


Après 60 ans, il est conseillé de consulter son ophtalmologiste chaque année pour vérifier l'évolution de sa vue et dépister précocement les maladies oculaires qui tendent à se développer sans qu'on les voie venir ou presque.