L’addiction à l’alcool chez les personnes âgées

Publié le 29 jun 2026

Santé et Bien-être
Alcool chez les personnes âgées

La consommation d’alcool chez les personnes âgées est un sujet peu connu, parfois tabou car elle est moins visible. Les conséquences sociales sont moins nombreuses (arrêt de travail, retrait de permis, agression…) et le réseau social entourant les personnes âgées étant plus restreint, la consommation d’alcool chez ce public a tendance à passer inaperçu. Avec l’âge, le corps élimine l’alcool plus lentement et ses effets se font ressentir plus longtemps. L’alcool présente donc des risques plus importants chez les séniors. Découvrez les précautions à prendre pour limiter les effets de la consommation d’alcool, notamment à partir de 65 ans.

L’addiction à l’alcool et personnes âgées : quels sont les facteurs de risques associés à l’alcoolisme au 3ème âge ?

En France, près de 39 % des personnes entre 65 et 75 ans consomment quotidiennement de l’alcool. En effet, plusieurs facteurs contribuent à l’excès, voire à l’alcoolisme pour les sexagénaires, notamment :

  • L’isolement social : de nombreux sexagénaires peuvent se sentir seuls ou isolés, ce qui peut les amener à utiliser l’alcool comme moyen de se sentir mieux et de faire face à la solitude
  • Les problèmes de santé : les personnes âgées souffrant de douleurs chroniques, de problèmes de mobilité ou d’autres problèmes de santé peuvent se tourner vers l’alcool pour soulager des symptômes douloureux
  • Le deuil : les pertes fréquentes d’amis, de membres de la famille ou du conjoint peuvent conduire à des sentiments entre tristesse et désespoir qui peuvent être prolongés par l’alcool
  • Le départ en retraite : la fin d’activité professionnelle peut être un moment difficile pour certains fonctionnaires et salariés, car cela peut entraîner un changement majeur de leur routine quotidienne, pouvant les amener à abuser de l’alcool pour combler le vide

 Alcool après 60 ans : une tolérance réduite avec l’âge

En vieillissant, le corps élimine l’alcool moins rapidement. Après 60 ans, une même quantité d’alcool entraîne un taux d’alcoolémie plus élevé, provoquant des effets inattendus :

  • Ivresse soudaine
  • Troubles cognitifs
  • Confusion après une consommation habituelle

Les recommandations pour les seniors sont simples : limiter à un verre par jour et prévoir plusieurs jours sans alcool par semaine.

Alcool chez les personnes âgées : que risquez-vous ? 

  • Une chute : l’alcool perturbe l’équilibre. C’est d’ailleurs la première cause d’hospitalisation chez les personnes âgées
  • Des complications si vous prenez des médicaments. Il faut être très prudent car l’alcool peut diminuer l’efficacité de vos traitements ou entraîner des effets indésirables
  • Un changement de comportement : l’alcool favorise les brusques changements d’humeur
  • Des troubles de la mémoire et de la concentration : vous pouvez avoir des difficultés à faire appel à vos souvenirs et à enregistrer de nouvelles informations
  • Une perte de repères : l’ivresse peut entraîner un sentiment de confusion.
  • Un risque augmenté pour certains cancers : l’alcool est cancérogène dès un verre par jour, le risque augmente avec les quantités bues
  • Un risque augmenté d’AVC (accident vasculaire cérébral) et d’hypertension artérielle

Alcool et médicaments : une interaction néfaste

De nombreuses personnes âgées souffrent de plusieurs pathologies et consomment quotidiennement plusieurs médicaments.

Or, il existe des interactions entre l’alcool et les médicaments. L’alcool peut diminuer l’efficacité des médicaments ou en augmenter les effets indésirables. Ainsi, il est recommandé aux personnes âgées qui prennent quotidiennement des médicaments de parler de leur consommation d’alcool à leur médecin traitant. Ce dernier évaluera les risques d’interaction.

5 conseils pour limiter les risques

Si vous voulez boire de l’alcool, faites-le durant le repas. Pensez également à vous hydrater régulièrement avec de l’eau.

Limitez le nombre de verres que vous buvez  : les effets se font sentir même à partir d’une petite quantité d’alcool.

Si vous prenez des médicaments, renseignez-vous sur leurs interactions avec l’alcool : demandez à votre médecin ou lisez la notice. Dans certains cas, il peut vous être conseillé de ne pas boire du tout. Vos médicaments combinés à l’alcool peuvent aussi faire baisser la vigilance : ne prenez pas le volant.

Prudence si vous êtes resté assis longtemps après avoir bu de l’alcool : levez-vous lentement et marchez avec précaution.

Suivez les recommandations de consommation pour les plus de 65 ans : appelez Alcool info service au 0 980 980 930 (appel anonyme non surtaxé, 7j/7 de 8h à 2h) si vous avez des questions, des doutes ou des difficultés.

Comment agir ?

Avec l’âge, la consommation moyenne d’alcool par individu baisse. En revanche, la fréquence de la consommation régulière augmente, la consommation se faisant majoritairement pendant les repas. Il est donc essentiel de sensibiliser les personnes âgées elles-mêmes, ainsi que les personnes de leur entourage (soignants, entourage familial) sur les risques liés à la consommation d’alcool.

De nombreuses représentations sociales viennent entraver un repérage systématique des risques liés à l’usage d’alcool chez les personnes âgées :

  • Une tendance à banaliser des consommations plus élevées d’alcool
  • La croyance erronée qu’il est trop tard pour agir

Arrêter ou réduire sa consommation d’alcool apporte des bénéfices à tout âge, y compris chez les personnes âgées :

  • Amélioration de la qualité de vie
  • Préservation de l’autonomie
  • Meilleures performances cognitives
  • Amélioration de l’humeur et de l’anxiété

Que faire en cas de consommation d’alcool excessive ?

Des ruptures et des pertes liées à l’avancée en âge (passage à la retraite, veuvage, isolement…) peuvent être associées à une augmentation de la consommation d’alcool. Chez les personnes âgées qui consomment de l’alcool de façon excessive, ce phénomène est ancien dans deux tiers des cas. Dans un tiers des cas, cette consommation excessive a débuté après 60 ans.

Au-delà de 75-80 ans, le sevrage des personnes dépendantes doit se faire sous surveillance médicale. Les fragilités liées à l’âge entraînent une plus grande vulnérabilité aux symptômes provoqués par l’arrêt brutal de l’alcool. Le suivi médicalisé se fait en milieu hospitalier dans un service spécialisé. Il convient tout d’abord d’en parler à son médecin traitant qui organisera un projet d’hospitalisation pour sevrage de l’alcool.

Personnes âgées souffrant d’alcoolisme : quelles prises en charge ?

D’une façon générale, il faut tenter de favoriser les contacts sociaux, évidemment dans des cercles qui ne valorisent pas la consommation d’alcool. De même, il faut encourager la personne à s’engager dans des activités qui pourront apporter du sens à son existence. En cas d’échec répété, des prises en charge « plus poussées » doivent être envisagée.

Dans ce cas, les personnes se rendent tout d’abord à une consultation en addictologie qui peut déboucher, soit sur une hospitalisation et une cure de sevrage, soit sur des traitements médicamenteux et un suivi avec un alcoologue ou un psychologue.

Pour la famille et les aidants, il ne s’agit pas non plus d’une situation facile. Il est compliqué de savoir comment accompagner son parent et cela peut vite devenir lourd et pénible.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la personne qui boit exprime un malaise à travers ce comportement, une détresse psychologique et il faut, dans la mesure du possible, faire intervenir rapidement des professionnels au risque de s’épuiser dans des attitudes contre-productives.